manifestement, je ne suis pas douée en informatique, et ce que j’avais marqué le 23 octobre a disparu. Je recommence donc :
Escapade de deux ans en Guyane.
Des aspects positifs, et d’autres négatifs, qui pourtant, ne me découragent pas d’y retourner un jour. Pour commencer : les paysages magnifiques, même si ils sont parfois dégradés par les déchets jetés n’importe où, ou polués par les chercheurs d’or. Je dois reconnaître que la navigation en pirogue sur le Maroni laisse un souvenir inoubliable, et nous montre de manière cruelle la différence de niveau de vie entre « la ville » et « la campagne ». Eau courante ? Sanitaire ? N’y pensez même pas si vous n’avez pas récupéré l’eau de pluie et creusé votre fosse d’évacuation. Sur le fleuve, les enfants se regroupent pour aller à l’école en pirogue, et le danger est parfois réel de traverser les remous en frolant les rochers immergés. Les animaux ? Rien de bien effrayant en fait. Les seuls qui soient vraiment agaçants sont les moustiques, nombreux, motivés. Les araignées ? 3 vues en 2 ans. Les anacondas ? 1 vu en 2 ans. Les paresseux ? Plein, et quel bonheur de les tenir dans ses bras. Les iguanes ? Plein, et quelle purge que d’avoir du déloger celui d’1 m 20 qui avait oser entrer dans le salon. Aspects négatifs ? Le délabrement des villes, l’état abomifreux des routes, une hargne incroyable de certains guyanais envers tout ce qui ne l’est pas à leurs yeux, toutes couleurs confondues, pas de jalou ; le danger quotidien ( ne pas espérer se passer de barreaux aux fenètres et aux portes, ni de ne pas ètre armé chez soi) et réel, pas de la crainte non fondée. Des sources d’agacement ? Beaucoup. Les horaires des magasins, calés de manière à ne pas déranger la sieste, la pénurie permanente, les prix ( 12 € le kg de fromage blanc, etc ), le code de la route qui relève du concept, et l’image détestable véhiculée par deux crétins qui,se « perdant » en forèt, ont couté une fortune en moyens de recherche, l’état des écoles ? des ruines où s’entassent 32 élèves par classe en primaire ). Et partout, une misère que nous n’imaginons pas possible, rendant inévitable la prostitution, le commerce de crack, et les trafics en tous genres.
Pas tout à fait le far west, mais bon, pas trop zen non plus. Cosmopolite en tout cas : des Brésiliens croisent des Chinois, des Negre marron ( pas d’insulte dans ce terme, c’est le nom des anciens esclaves qui sont restés "entre eux" et se nomment ainsi,)et des amérindiens, et de l’européen .
Voilà, heureuse d’y avoir vécu, des souvenirs dans les yeux de mon fils, qui, si je l’avais écouté, serait resté, à l’année, vivre sur le fleuve ( comprendre : sur le Maroni, en pirogue, dans une cabane de bois et de roseaux )
Départ pour Mayotte. Suite au prochain épisode donc.
H.Beaulieu
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